Pourquoi je saisis La Cour Européenne des Droits de l’Homme pour défendre la liberté d’expression en France

décembre 25th, 2009 by thierry Borderline Biennial

 Communiqué de presse de thierry Ehrmann sculpteur plasticien, auteur de La Demeure du Chaos / Abode of Chaos

AFFAIRE COMMUNE DE SAINT ROMAIN AU MONT D’OR CONTRE THIERRY EHRMANN (dossier Demeure du Chaos)                                                                    Lyon, le 24 juin 2014 18h00

Par un arrêt du 24 juin 2014 relevant du plus haut degré de la hiérarchisation de ses décisions FS-P+B+I (Publié au Bulletin de la chambre criminelle, au Bulletin d’information de la Cour de Cassation et sur le support numérique de la Cour de Cassation), la Cour de Cassation a cassé l’arrêt de la Cour d’Appel de Grenoble du 6 mai 2013 , qui avait augmenté une astreinte précédemment prononcée par cette Cour, et a renvoyé l’affaire devant la Cour d’Appel de Chambéry en chambre du Conseil. Pour information, la Demeure du Chaos est un corpus de 5400 œuvres d’art composé de sculptures, installations, peintures, gravures, etc… qui est un musée d’art contemporain libre et gratuit sur 9000 m2 .

La Cour de Cassation a retenu comme motivation essentielle que la Cour d’Appel de Grenoble avait à tort ignoré les moyens de nullité de M. Ehrmann par lesquels il faisait valoir que les décisions défavorables avaient été rendues à son encontre dans des conditions procédurales gravement irrégulières, les droits de la défense ayant été violés. La Cour de Cassation s’est principalement fondée sur le deuxième moyen de cassation, pris de la violation des articles 6.1 et 6.3 de la Convention Européenne des Droits de l’homme.

Selon l’ensemble des juristes en charge de ce dossier, l’arrêt du 24 juin 2014 est particulièrement clair car il rend sans fondement juridique et caduque toutes les décisions judiciaires rendues contre M. Ehrmann et notamment celles l’ayant condamné, sur le fondement d’une prétendue violation du droit de l’urbanisme, à une remise en état sous astreinte. Cette chronologie judiciaire faite de 11 procès, couvre la période de 1999 à nos jours.

Enfin, Monsieur EHRMANN est la victime du comportement déloyal de son adversaire, la Commune de Saint Romain au Mont d’Or, qui connaissait parfaitement sa situation procédurale et l’a délibérément ignorée en la cachant aux juridictions répressives. Cette dernière, ayant eu en main, dès 1993 de manière officielle, le régime de protection dont Mr Ehrmann  bénéficié depuis 1987. Ce qui caractérise la dissimulation intentionnelle de la Commune.Pour information, en l’état  cette position de la Commune de Saint Romain au Mont d’Or ne concerne pas le nouveau Maire et son Conseil Municipal élus en avril 2014.

Communiqué de thierry Ehrmann et de la Demeure du Chaos ce lundi 06/05/2006 cliquez sur le lien pour avoir le communiqué et les pièces judiciaires en PDF

http://artpressagency.wordpress.com/2013/05/06/communique-de-thierry-ehrmann-et-de-la-demeure-du-chaos/

Avril 2013, Attention malgré les mensonges éhontés de la Mairie De Saint Romain au Mont d’or,

Il existe bien une Deuxième requête de thierry Ehrmann pour la Demeure du Chaos distincte de la première devant la C.E.DH. et portant sur des moyens et branches différents par le ministère de Me Benabent (Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation). En date du 27 novembre 2012, la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) a attribué à sa deuxième requête le numéro 72008/12 Ehrmann contre / France (cliquez sur le lien pour avoir le document PDF de la CEDH).

comprendre La Demeure du Chaos : l’intégralité de l’Opus IX de la Demeure du Chaos avec le lien pdf gratuit des 504 pages format 30 x 30 cm. Attention, il faut compter un temps de téléchargement de 30 secondes à 1 min maximum selon votre connexion 3G, WI-FI ou fixe.
http://blog.ehrmann.org/pdf/demeureduchaos-abodeofchaos-opus-IX-2013.pdf

La Demeure du Chaos - Un combat pour la liberté d’expression / The Abode of Chaos - A fight for freedom of expression from La Demeure du Chaos on Vimeo.

 

thierry ehrman auteur de la Demeure du Chaos

  Rappel des faits et extrait (deuxième paragraphe ) de la note officielle en vue de l’audience de la Chambre Criminelle de la Cour de Cassation du 15 décembre 2009.

J’ai créé ce chapitre spécial sur mon blog où vous avez en temps réel tous les documents juridiques, mes notes d’auteur, interventions de juristes spécialisés, d’historiens, de sociologues, de cotes de plaidoirie, vidéos, dépêches d’agence (AFP, AP, Reuters), articles de presse écrite et audiovisuelle et explication sur le fonctionnement après de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (European court of Human Rights). thierry Ehrmann


Lyon France 9 juin 2011: Communiqué officiel de thierrry Ehrmann (lien pour lire les 504 pages sur la Demeure duChaos) auteur et plasticien de la Demeure du Chaos/ Abode of Chaos avec ses avocats en charge des intérêts devant la C.E.D.H.

En l’état actuel de la requête introduite par thierry et Nadège Ehrmann et la société VHI contre la France à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, l’examen de la requête par la Cour en page 1, dès les premières lignes de la décision, laisse apparaître en écrit un dysfonctionnement majeur, qui en l’état, ne permet aucun commentaire de quelque nature que ce soit.

Ce dysfonctionnement majeur, dès les premières lignes de la décision sur la recevabilité de la requête, indique par écrit officiel que ” le Gouvernement Français nous aurait soumis des conclusions auxquels nous aurions répondu en notre qualité de requérantce que nous démentons formellement et ce de manière officielle. Le principe fondamental du contradictoire a été violé par ce dysfonctionnement majeur.

Une enquête internationale est déclenchée par nos avocats pour connaître à quel degré, ce dysfonctionnement majeur et fondamental frappant la recevabilité de la requête s’est opéré. Monsieur le Garde des Sceaux Michel Mercier ainsi que CEDH sont saisis par nos avocats par voie officielle.

Dans le cadre d’une mesure conservatoire, une deuxième requête a été immédiatement introduite par les requérants thierry et Nadège Ehrmann et la société VHI contre la France à la Cour Européenne des Droits de l’Homme.


Le combat judiciaire continu donc plus que jamais avec désormais plus de 130545 signataires de la pétition

 

Mise à jour du 9 septembre 2011:

De manière officielle, par courrier avocat du 9 septembre 2011, Monsieur le Garde des Sceaux, Michel Mercier demande à Monsieur le Ministre des affaires étrangères, Alain Juppé de démarrer une enquête internationale, compte tenu des conséquences qui mènent, selon les spécialistes du droit Européen, indubitablement à la nullité absolue de la requête de la C.E.D.H. et ne peut être en aucun cas, analysé comme une erreur de plume ou de calcul au sens de l’article 81 du règlement de la Cour visant les “rectifications d’erreur dans les décisions et arrêts”.

Le Gouvernement Français est conscient que la disparition  de son mémoire en réponse est très lourd de conséquences et que la prétendue réponse des demandeurs (thierry et Nadège Ehrmann, sci VHI) qui est une pure fiction mensongère,  détruit définitivement, les principes fondamentaux du contradictoire de la C.E.D.H.

thierry Ehrmann

Lyon France, 9 th june 2011: Official press release by thierrry Ehrmann, author and visual artist of the Abode of Chaos with the lawyers protecting his interests”

At this stage of the proceedings, the reply issued by the European Court of Human Rights to the petition presented by thierry and Nadège Ehrmann and the company VHI against France reveals a major legal error on page 1, that renders any legal comment pointless.
Indeed, the ECHR’s statement that “the French Government submitted conclusions that we have responded to as claimants” cannot be considered as a clerical mistake, nor an error in calculation as referred to in Article 81 of the ECHR regulations applying to “ rectifications of mistakes in judgements and resolutions ”.

This error, right at the beginning of the decision on the claim’s admissibility, indicates, in official writing, that “the French Government has delivered conclusions to the claimants and that the claimants have responded to these conclusions” an allegation that we, the claimants, categorically and officially refute.

We have instructed our lawyers to launch an international investigation to ascertain to what extent this major and fundamental error has impacted the admissibility of our petition. Our lawyers will begin the process by contacting Monsieur Michel Mercier (French Keeper of the Seals) and the ECHR.

As a precautionary measure, thierry and Nadège Ehrmann and the company VHI have immediately filed a second claim against the French justice system with the European Court of Human Rights.
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Rappel des faits : La Chambre Criminelle de la Cour de Cassation saisie dans le cadre d’un deuxième pourvoi a rendu un arrêt du 15 décembre 2009 demandant la destruction des 3 123 œuvres d’art formant le corpus de la Demeure du Chaos créée par le plasticien thierry Ehrmann en 1999.

The Cassation Court’s criminal chamber presiding over a second appeal has delivered an order dated 15 December 2009 for the destruction of the 3,123 works of art forming the corpus of the Demeure du Chaos created by the artist and sculptor thierry Ehrmann in 1999. Read more (english press release >>>)

La Demeure du Chaos/ Abode of Chaos dixit le “New York Times,” née le 9 décembre 1999 de l’acte conceptuel de thierry Ehrmann, est une œuvre au noir se nourrissant du chaos alchimique de notre 21e siècle, tragique et somptueux dont les braises naissent le 11 Septembre. La Demeure du Chaos a célébré le 9 décembre 2009 ses dix ans de combat judiciaire pour la liberté d’expression.

Elle est devenue aujourd’hui, avec plus de 1200 reportages de presse écrite et audiovisuelle de 72 pays, en 10 ans, une “Factory” incontournable et unique dans le monde, selon la presse internationale. C’est un musée à ciel ouvert et gratuit, présentant plus de 3123 œuvres, où convergent chaque année désormais 120 000 visiteurs. La Demeure du Chaos, dans le cadre de son statut d’E.R.P. (Etablissement Recevant du Public) muséal, a reçu 437 130 visiteurs du 18/02/2006 au 30/10/2009, dont 21 % de visiteurs étrangers. Elle est aussi une résidence d’artistes.

Depuis 1999, soit 10 ans, la Mairie de Saint-Romain-au-Mont-d’Or s’acharne dans son négationnisme artistique et persiste à demander la remise en état du bâtiment, ce qui signifie tout simplement la destruction intégrale de La Demeure du Chaos. Ce procès historique sera plaidé devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans le cadre de l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme sur la liberté d’expression. La jurisprudence sur cet article a régulièrement fait condamner la France.

Le rejet de ce pourvoi témoigne de la volonté de la Cour de Cassation de juger les prescriptions d’urbanisme et l’application qui en a été faite par la Cour de Grenoble comme ne portant pas atteinte à la liberté d’expression garantie à l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Plus que jamais, thierry Ehrmann, avec le Collectif des artistes et le poids des 108 000 signataires de la pétition, va plaider avec férocité sa cause pour faire valoir et respecter le droit à la liberté d’expression, en formant un recours contre le deuxième arrêt rendu par la Cour de Cassation, auprès de la Cour Européenne des droits de l’homme contre la France.

Cette décision, selon thierry Ehrmann, porte atteinte à sa liberté d’expression et dans le fait qu’il ne peut pas être soumis à la seule réglementation du Droit de l’Urbanisme, l’expression artistique étant un droit national et universel depuis la nuit des temps.

A ce titre, la pétition pour sauver la Demeure du Chaos de la destruction continue plus que jamais. Elle permet de porter ce conflit hors du commun devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. A l’heure où la France s’interroge désespérément sur sa perte d’influence artistique dans le monde, sa politique culturelle et notamment sur la notion de gratuité du musée, la Demeure du Chaos est une vraie réponse atypique.

Un siècle plus tard, la France décide de refaire le procès de Brancusi contre les Etats-Unis sur la définition de l’œuvre d’art au regard du droit. L’Histoire inévitablement se clôturera par : « en 1928 c’était un oiseau, c’est aujourd’hui la Demeure du Chaos ». L’enjeu du procès de la Demeure du Chaos est donc bien la reconstitution d’un consensus cadré par le droit sur la délimitation des frontières cognitives de l’Art. C’est un nouveau « labelling theory » déjà expérimenté par Duchamp que la Cour Européenne des Droits de l’Homme jugera… thierry Ehrmann.

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N° P 09/ 80.709
COUR DE CASSATION

CHAMBRE CRIMINELLE

“Extrait de la note en vue de l’audience du 15 décembre 2009″

Conseiller rapporteur : Monsieur Gérard PALISSE
Avocat Général : Monsieur Laurent DAVENAS
POUR : 1°) Monsieur Thierry EHRMANN

2°) La société V.H.I.
S.C.P.Carole THOMAS-RAQUIN & Alain BENABENT

CONTRE : 1°) La Commune de SAINT-ROMAIN-AU-MONT-D’OR
…/…

2°) Le Ministère Public
2
Tant le mémoire en défense que le rapport déposé par Monsieur le Conseiller – rapporteur appellent de brèves observations complémentaires de la part de Monsieur Thierry EHRMANN.
…/…
La Demeure du Chaos a fait l’objet de plus de 1200 reportages de
presse écrite et audiovisuelle
…/…

Ils sont le reflet de ce que la Demeure du Chaos est reconnue comme une oeuvre d’art unique tant sur le plan national qu’international. Le Ministère de laCulture a d’ailleurs reconnu que cette mobilisation de la presse autour de cette oeuvre était un fait unique.

Le catalogue officiel de la triennale 2006 « La Force de l’Art » édité par le Réunion des Musées Nationaux et le Ministère de la Culture et de la communication fait lui-même expressément référence à « la Demeure du Chaos » (cf. Prod).

L’ouvrage « Avec le Facteur Cheval » édité par le Musée de la Poste et l’Ecole national (supérieure) des Beaux-Arts cite également la Demeure du Chaos (et thierry Ehrmann son auteur principal)  en indiquant qu’il est « baptisé » le « Facteur Cheval du XXIe siècle » (cf.Prod).

Fait également suffisamment rare pour mériter d’être souligné, au 27 octobre 2009, 93731 pétitions (108 027 décembre 2009) ont été prises pour la défense de la « La Demeure du Chaos » (cf. Prod DVD des pétitions de soutien et extraits dactylographiés de 1800 témoignages correspondant à ces pétitions).3

II.- Les cinquième et sixième moyens reprochent à la Cour d’appel de n’avoir pas caractérisé que l’interdiction d’exposer l’oeuvre d’art et la condamnation à la remise en état impliquant la destruction de l’oeuvre d’art était justifié par « un besoin social impérieux » et proportionné au but poursuivi.

La défense prétend que l’arrêt se serait longuement expliqué à cet égard. L’arrêt ne s’est cependant réellement expliqué que sur le caractère légitime en soi de la législation d’urbanisme.

La Cour d’appel n’a nullement mis en balance de façon concrète, ainsi qu’elle le devait au regard des circonstances propres à la présente espèce :
- d’un côté, la protection de l’oeuvre d’art, que constitue la « Demeure duChaos », entièrement axée sur le principe de la déconstruction (au sens philosophique de Derrida) être haussée de multiples oeuvres particulières de divers auteurs (et de son auteur principal) qui sont insérées dans le mur d’enceinte et les façades ;

- de l’autre, l’atteinte irrémédiable que porte à la liberté d’expression des auteurs de cette oeuvre composée des oeuvres particulières de divers auteurs qui y sont insérées, la sanction spécifique, prévue par l’article 480-5 du Code de l’urbanisme, qui en imposant une remise en état intégrale enleur état antérieur, …/…conduit à la destruction de ces oeuvres.

Le conflit qu’il s’agit ainsi d’arbitrer de façon proportionnée n’oppose,pas, comme le prétend la Commune de SAINT ROMAIN AU MONT D’OR, un intérêt purement privé (qui serait celui de Monsieur Thierry EHRMANN) à l’intérêt public (qui s’identifierait au caractère d’ordre public des règles d’urbanisme).

Il oppose – dans une situation de fait spécifique et tout à fait exceptionnelle – les exigences de la liberté d’expression artistique à l’arsenal des sanctions administratives.4
«La Demeure du Chaos » constitue en effet, ainsi qu’il a liminairement été indiqué, une oeuvre d’art mondialement reconnue comme telle.

Son propos étant de donner à voir la déconstruction (et le Chaos de notre monde) , il entre dans la logique de l’oeuvre d’être vue des passants, y compris depuis l’espace public, lorsque ceux-ci s’approchent de ses abords.

Ordonner la remise en état du mur d’enceinte et des façades (des differents immeubles) en leur état antérieur revient à détruire purement et simplement cette oeuvre …/…réalisée par divers auteurs qui n’ont pas même été tous attraits en la cause, seul Monsieur EHRMANN l’ayant été.

Une telle sanction est manifestement disproportionnée, car elle ne répond à aucun «besoin social impérieux » au sens où l’entend la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

L’existence des sanctions administratives prévues par la législation de l’urbanisme, même d’ordre public, ne suffit pas à caractériser un tel « besoin social impérieux ». Aucune des décisions que cite le mémoire en défense ne permet de remettre en cause cette analyse.

Tout au contraire, la décision de la Cour de Strasbourg incomplètement citée par la défense (CEDH, 23 septembre 1982, Sporronget Lönroth, requêtes n°7151 / 15 et n°7152 / 75) illustre bien la volonté de cette Cour d’exercer son pouvoir de contrôle, y compris en matière d’urbanisme.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme y indique en effet :

« (la Cour) juge naturel que dans un domaine aussi complexe et difficile que l’aménagement des grandes cités, les Etats contractants jouissent d’une grande marge d’appréciation pour
mener leur politique urbanistique.

Elle ne saurait renoncer pour autant à son pouvoir de contrôle. Il lui appartient de vérifier que l’équilibre voulu a été préservé d’une manière compatible avec le droit des requérants « au respect de (leurs) biens » au sens de la première phrase de l’article 1 (P1-1) » (n.69, in fine) 5

Le contrôle de conventionnalité des règles d’urbanisme s’impose ainsi et il s’impose avec d’autant plus de force en l’espèce qu’est en cause une oeuvre d’art dont la protection est assurée tant par l’article 1 du Protocole additionnel (cf CEDH, 11 octobre 2005, aff. ANHEUSER BUSCHInc. c/ Portugal, req n°73049/01, point 43) reconnaissant que les droits de propriété intellectuelle sont des droit de propriété protégés par cet article, que par l’article 10 au titre de la liberté d’expression ainsi que la Cour d’appel l’a admis en relevant que le prévenu « était recevable à invoquer la protection du droit à la liberté d’expression garantie par ce texte ».

III.- Le rapport se demande si « la question ne se confond pas avec celle de la légalité des règlements d’urbanisme » ? C’est une réponse négative qui doit être apportée à cette question.

Les cinquième et sixième moyens ne contestent pas en effet la légalité des règlements d’urbanisme en cause.

Ils soutiennent simplement qu’au regard des circonstances propres et très spécifiques de la présente espèce tenant notamment à la notoriété internationale de la Demeure du Chaos, oeuvre d’art à la création de laquelle ont participé différents auteurs, et aujourd’hui qualifiée d’oeuvre d’art unique pouvant être baptisé (dont l’auteur principal thierry Ehrmann) « de Facteur Cheval du XXIè siècle », la mesure de remise en état, c’est-à-dire de destruction ordonnée par l’arrêt attaqué en application de l’article L 480-5 du Code de l’urbanisme apparaît disproportionnée et non justifiée au regard de l’atteinte qu’elle porte à la liberté d’expression protégée par l’article 10 de la CEDH ainsi qu’aux droits de propriété intellectuelle attachés à cette oeuvres protégés par l’article 1 du protocole additionnel n°1 qui comprend notamment le droit au respect et à l’intégrité de l’oeuvre.

On ne peut d’ailleurs manquer d’observer que la Cour de LYON, dont l’arrêt a été cassé pour d’autres raisons, s’était avec beaucoup de sagesse abstenue d’ordonner cette remise en état et partant, la destruction d’une oeuvre d’art aujourd’hui mondialement reconnue.

Il n’est enfin pas inutile de rappeler qu’ayant eu l’occasion de se prononcer sur le caractère constitutionnel de certaines dispositions du Code de l’urbanisme, le Conseil Constitutionnel a par une décision en datedu 7 décembre 2000 (décision n°2000-436 DC) retenu que l’article 123-1 du Code de l’urbanisme était inconstitutionnel, en ces termes :

« Considérant que le souci d’assurer « la sauvegarde de la diversité commerciale des quartiers » répond à un objectif d’intérêt général ; que, toutefois, en soumettant à une autorisation administrative tout changement de destination d’un local commercial ou artisanal entraînant une modification de la nature de l’activité, le législateur a apporté, en l’espèce, tant au droit de propriété qu’à la liberté d’entreprendre qui découle de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, une atteinte disproportionnée à l’objectif poursuivi ; que doit être par suite déclaré non conforme à la Constitution (…) » ;

En l’espèce, l’atteinte portée par la remise en état prévue par l’article L.480-5 du Code de l’urbanisme tant aux droits de propriété matérielle et intellectuelle qui découlent de l’article 4 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qu’à la liberté d’opinion et d’expression qui découle de l’article 10 et 11 de cette Déclaration, apparaît disproportionnée au regard de l’objectif poursuivi par les dispositions du Code de l’urbanisme prétendument violées.

En l’état du droit positif – soit en l’absence de la loi organique organisant le contrôle de constitutionnalité mis en place par la loi du 23 juillet 2008 – la Cour de cassation, exerçant le contrôle de conventionnalité qui lui est reconnu, ne manquera pas de juger que la remise en état, au regard des circonstances particulières de l’espèce et notamment de la reconnaissance internationale de la Demeure du Chaos comme une oeuvre d’art originale, unique en son genre, témoin de son temps, porte une atteinte disproportionnée aux droits de propriété matérielle et intellectuelle attachés à cette oeuvre ainsi qu’à la liberté d’expression, droits et libertés protégés respectivement par l’article 1 du protocole additionnel n°1 et par l’article 10 de la CEDH, étant rappelé qu’à cet égard n’a pas à rentrer en ligne de compte l’appréciation personnelle que chacun peut porter sur la qualité de cette oeuvre.

Ni la liberté d’expression ni l’article L 112-1 du Code de la propriété intellectuelle, qui protège les oeuvres de l’esprit quel qu’en soit le mérite, ne laissent place en effet à une telle prise en compte. 7

PAR CES MOTIFS et tous autres à produire, déduire ou suppléer, au besoin même d’office, les exposants persistent dans les conclusions de leur pourvoi.
PRODUCTIONS :
1°) Catalogue « La force de l’art »
2°) Ouvrage « Avec le facteur cheval »
3°) DVD des 93 731 pétitions de soutien et extraits dactylographiés de 1800
témoignages
4°) Panorama de presse (de 1200 reportages de presse écrite et audiovisuelle)

S.C.P. Carole THOMAS-RAQUIN & Alain BENABENT
Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation

( ) Notes d’auteur

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The Abode of Chaos - A fight for freedom of expression - 1999-2009 (English version) >>>

basse def surDailymotion cliquez ici >>>

ce film n’est pas un reportage, ce film n’est pas un documentaire, ce film n’est pas un court-métrage, ce film est le miroir tragique d’une société profondément malade, qui demande avec froideur d’annihiler et de détruire des milliers d’oeuvres d’art…Ce film nous explique qu’en France, l’oeuvre d’art n’a aucun droit d’exister de manière autonome sur l’espace public. Elle doit se conformer impérativement au plan local d’urbanisme. On enlève donc à l’oeuvre d’art tout ce qui la distingue de l’urbanisme : sa singularité, l’empreinte de son auteur, ses signes distinctifs, sa forme, son médium, son sujet,son âme .
Ce film restitue l’écriture engagée du réalisateur Etienne Perrone ; il porte littéralement la voix des 108 500 signataires pour défendre la liberté d’opinion en France où les critères d’une société démocratique s’estompent peu à peu. thierry Ehrmann

Éditorial de Artpress  N°353 par Richard Leydier

Mise en demeure

Depuis près de dix ans, Thierry Ehrmann, PDG du groupe Serveur (dont fait partie le site de quotation en ligne Artprice.com), élabore dans sa propriété de Saint-Romain au Mont d’or, près de Lyon, la Demeure du Chaos (voir ap 312, mai 2005), œuvre in progress de déconstruction d’un ancien relais des postes sur un mode politique et alchimique. L’ensemble, composé de 3 123 œuvres disséminées dans tout le domaine, s’étend sur 10 000 m2. Fresques, sculptures (dont des voitures carbonisées, un avion crashé…) y disent la violence de notre époque. Le maire de Saint-Romain, estimant que la Demeure constitue une injure visuelle au pittoresque de ce village en pierres dorées, a depuis longtemps saisi les tribunaux. Fin 2008, se jouait le quatrième procès. Le 16 décembre, la cour d’appel de Grenoble a condamné Thierry Ehrmann à remettre en état son domaine au cours des neuf prochains mois. Au terme de deux jours et demi d’audience, la cour a rendu un jugement de vingt-cinq pages, à la lecture duquel on comprend que « l’œuvre d’art n’a aucun droit d’exister de manière autonome sur l’espace public. Elle doit se conformer impérativement au plan d’occupation des sols et autre plan local d’urbanisme. Elle doit répondre au nuancier de couleurs de la région… Pour faire court, on enlève donc à l’œuvre d’art tout ce qui la distingue de l’urbanisme : sa singularité, l’empreinte de son auteur, ses signes distinctifs, sa forme, son médium, son sujet », nous dit Ehrmann.

On peut ne pas goûter le côté provocateur, l’inspiration ésotérique du projet, l’esthétique gothique qui s’en dégage. Mais on ne peut pas ne pas reconnaître que Thierry Ehrmann a construit, au fil du temps, un ensemble aussi étonnant que le Palais idéal du Facteur Cheval. La Demeure du Chaos dépasse de loin la question du respect ou non de banales règles urbanistiques régissant les couleurs des murs. De quoi a-t-on peur exactement ? Que des millions de gens nourrissent en secret le projet de transformer leur pavillon en champ de bataille du temps présent ? La Demeure du chaos relève de l’exception… et de l’œuvre d’art. Et qu’on le veuille ou non, elle fait déjà partie de notre patrimoine culturel. Thierry Ehrmann se pourvoit donc en cassation.

Richard Leydier – artpress copyright ©2009 artpress 353

 House Arrest

For going on ten years now, Thierry Ehrmann, CEO of the Serveur group (which owns the online art values service Artprice.com), has been at work on La Demeure du Chaos at his home, an old postal station in Saint-Romain au Mont d’Or, near Lyon (see ap 312, May 2005). This alchemical and political project consists in an ongoing deconstruction of the estate. The 3,123 works scattered around the 10,000 square meters of the house and grounds include frescos and sculptures, among them burnt-out cars and a crashed airplane, expressing the violence of our age. The mayor of Saint-Romain sees the Demeure as an offensive visual blot on the picturesque, goldenstoned landscape of his village and instituted legal proceedings years ago. At the end of 2008, his case was heard in court for a fourth time, and on December 16, the appeal court in Grenoble ordered Ehrmann to put his estate «in order» over the coming nine months. The court produced a 25-page judgment stating, as Ehrmann tells us, that « the work of art has no right to exist autonomously in public space. It is imperativethat it comply with ground use plans and other local urban plans. It must be in harmony with the range of regional colors. Etc.. To sum up, the work of art is denied everything that makes it different from the urban environment: its singularity, the style of its maker, its distinctive features, form, medium and subject. »
You don’t have to be a fan of this project’s provocative side and esoteric inspiration, or of its Goth aesthetic. But there is no denying that Thierry Ehrmann has built up an ensemble that is just as surprising as the Ideal Palace created by the postman Cheval. La Demeure du Chaos far exceeds the question of banal urban rules about the colors of walls. So what are they afraid of? That millions of people might secretly want to transform their house into a modern battleground? La Demeure du Chaos is an exceptional case, and it is a work of art. And, like it or not, it is already part of our cultural heritage. Thierry Ehrmann is appealing the judgment.

Richard Leydier – artpress
Translation, C. Penwarden
copyright ©2009 artpress 353